La médiation numérique dans les musées d’histoire naturelle : Comment donner vie à une pierre fossilisée ?

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Au carrefour des sciences de la Terre, de la Vie, de l’Homme, les musées d’histoire naturelle abordent aussi bien des phénomènes scientifiques que des faits historiques. Leur but est de transmettre un patrimoine commun à l’humanité. La médiation culturelle n’adopte pas un angle d’appréciation esthétique, comme cela pourrait être le cas dans un musée de Beaux-Arts. Son rôle est plutôt d’aider les visiteurs à comprendre les phénomènes scientifiques et historiques présentés.
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La médiation numérique dans les musées d’histoire

Les Museums  ou Musées d’histoire naturelle consacrés à une période historique (Préhistoire, origine de l’Homme, évolution, etc.) ont un enjeu de taille : permettre au visiteur de situer le discours dans le temps et dans l’espace. Il n’est pas toujours évident de situer l’origine de l’Homme sur une frise chronologique ! Différents outils peuvent aider le visiteur à se représenter ces dates très éloignées.

  • Des frises chronologiques animées. Elles permettent de prendre conscience du temps qui sépare le présent de l’Antiquité, des premiers hommes, du Paléolithique, de la création de la Terre… Enrichie par des légendes animées, des contenus audiovisuels et des textes choisis, la frise fait défiler l’histoire sous les yeux du visiteur. Elle lui permet ainsi de se repérer dans le temps par rapport à des époques historiques fondatrices. (comme sur cette vidéo que nous avons faire pour la révolution francaise)
  • Le vidéo mapping. Sur une maquette en trois dimensions servant de support, un projecteur diffuse une vidéo calculée pour épouser parfaitement les reliefs la maquette. Ce procédé est particulièrement utile pour illustrer les évolutions d’un espace géographique au fil du temps.
  • L’animation de cartes. Une vidéo résume les différentes étapes de l’évolution d’une même carte géographique. Les évènements géopolitiques (échanges commerciaux, guerres, mouvements de population, etc.) sont représentés par des symboles (flèches, nappes de couleur etc.) qui donnent vie à la carte.

L’enjeu de la mise en situation

Par ailleurs, les sujets abordés dans les musées d’histoire naturelle sont souvent difficiles à appréhender pour le visiteur. En effet il ne s’agit pas d’œuvres d’art à proprement parler, peintes ou sculptées de la main de l’homme ; mais d’objets issus de la nature, exposés pour évoquer une réalité absente. Par exemple, une pierre fossilisée n’est pas présentée sous vitrine en tant que telle, mais parce qu’elle représente la trace d’un animal ayant vécu il y a des milliers d’années et aujourd’hui disparu. L’enjeu de la médiation, en particulier grâce au numérique, est de remettre ces objets en situation pour montrer leur importance. Une borne interactive installée près de la vitrine pourra ainsi montrer le parcours de la pierre, son aire géographique, l’animal qui y a laissé sa trace, les conditions de découverte de l’objet, sa restauration, etc. Le multimédia sert ici à donner du sens à ces reliques et à leur pouvoir d’évocation.

Reconstitutions virtuelles et immersion

Il n’est pas toujours aisé de représenter visuellement certains concepts. Les reconstitutions virtuelles peuvent s’avérer très utiles dans le domaine anthropologique, par exemple pour évoquer la vie quotidienne à l’époque Néolithique. Avant les technologies numériques, les muséographes reproduisaient des scènes grandeur nature avec des mannequins maquillés, habillés et positionnés de façon la plus réaliste possible. Ce procédé a certes un effet spectaculaire auprès des visiteurs. Mais il nécessite de figer une seule scène. Au contraire, une évocation virtuelle pourrait retracer tour à tour une scène de chasse, de repas, de confection d’outils, etc. Ce procédé permet donc de multiplier les reconstitutions proposées au public tout en modernisant la muséographie.

Pédagogie et expérimentation

Pour les visiteurs du musée d’histoire naturelle, le plaisir de la visite est intimement lié à l’expérimentation. Face à une exposition scientifique, quoi de plus naturel que de vouloir tester par soi-même les phénomènes présentés ? La médiation numérique permet de simuler des expériences afin d’enrichir le discours pédagogique, notamment en proposant au visiteur des jeux de rôle. Sur une borne interactive portant sur la biologie sous-marine, il pourra se glisser dans la peau du plongeur chargé d’étudier les espèces, de les comparer et de les classer. Plus loin, le visiteur pourra incarner une fourmi et accomplir différentes actions (collecter de la nourriture, consolider la fourmilière…) pour le bien de la communauté. Ainsi, chaque discours scientifique peut être transformé en activité engageante et ludique. 

Jouer avec les collections des musées d'histoire naturelle

Enfin, n’oublions pas que les collections de muséums se distinguent par leur dimension spectaculaire : fossiles, maquettes, squelettes reconstitués, animaux empaillés, crânes humains… Les publics sont particulièrement touchés par le pouvoir évocateur de ces objets mystérieux. Il s’agit là d’un vaste terrain de jeu à exploiter grâce à la médiation numérique. D’une part avec des activités ludiques : retrouver tous les « trésors » cachés dans les vitrines, ou comparer deux ossements et identifier le plus ancien… Et d’autre part en jouant avec des effets sensoriels artificiels, de manière à créer des atmosphères : enregistrements simulant une forêt tropicale, effets d’ombres spectaculaires sur les squelettes, lumières colorées, parfums, éléments de surprise, etc. Ces procédés scénographiques servent aussi bien à habiller le parcours qu’à susciter un fort impact émotionnel. La visite se transforme ainsi en une véritable aventure personnelle au cœur d’une collection qui prend vie… pour le plus grand plaisir de tous !