Quelle politique tarifaire pour les audioguides ?

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Les audioguides sont garants d’une valeur ajoutée souvent forte pour les musées en ce qu’ils se substituent (ou du moins partiellement) au commentaire d’un guide et offrent ainsi aux visiteurs l’accès à des informations parfois nécessaires à la compréhension générale des œuvres présentées. Ces audioguides, cependant, représentent un investissement notable pour ces établissements qui doivent ainsi mener une réflexion sur le prix de location à fixer par appareil : doit-on ou non coupler l’audioguide au billet d’entrée ? De fait, soit le prix de l’audioguide est indépendant du billet d’entrée, soit il est compris dans le billet d’accès aux collections (qu’elles soient permanentes ou temporaires). Dans ce cas de figure, la totalité des visiteurs peuvent alors en bénéficier. En réalité, tout dépend des objectifs poursuivis par l’institution.
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Inclure l’audioguide dans le prix du billet

Inclure l’audioguide dans le prix du billet est un moyen très incitatif non seulement de pousser à leur utilisation (qui est de l’ordre de 80 % dans ce cas de figure) mais aussi plus globalement d’attirer le public dans le musée puisque, on ne le sait que trop bien, le fait d’offrir un service (même si une partie de la somme versée pour les droits d’entrée sert en fait à le financer) est toujours une source notable d’attractivité. Cependant, il faut pour cela que le musée ou l’institution soit en mesure d’assumer financièrement la gratuité de cette mise à disposition, sachant que le prix d’achat d’un audioguide (l’appareil) et d’élaboration de son contenu sont importants, et que même dans le cas d’une concession, le site doit investir. Et même si l’utilisation de l’audioguide est en fait en partie financé par le billet, il ne faut pas non plus que la part financière qui lui est consacrée n’impacte trop le coût d’une entrée, au risque de perdre des visiteurs.

Dans le cas de musées très fréquentés, il peut être utile d’inclure l’audioguide dans le prix du billet pour des raisons d’ordre logistique : il s’agit en effet d’une façon de mieux gérer les flux de visiteurs dont l’audioguide rythme la visite. Ainsi, le musée (ou l’institution) sait plus ou moins précisément à quelle heure la personne entame son parcours et à quelle heure elle le terminera. Car une visite avec audioguide, même si son utilisateur reste globalement libre de sa manière d’évoluer dans le site, conditionne tout de même nettement son temps de visite. Sans cet appareil, on peut par exemple être tenté de rester plus longtemps afin de prendre le temps de bien décrypter soi-même les œuvres, ou tout simplement parce que, sans en avoir forcément conscience, on flâne un peu.

À noter que les audioguides les plus modernes, qui se présentent sous la forme d’une application à télécharger sur son propre terminal (mobile, tablette, etc.), sont généralement gratuits, et ce complètement indépendamment du prix du billet d’entrée. Leur mise en place est moins couteuse pour le musée puisque ce type d’audioguide ne nécessite pas l’usage d’un appareil dédié.

Faire de l’audioguide une option payante

À l’inverse, quand il est optionnel, l’audioguide est proposé comme un outil d’aide à la visite, et notamment de traduction pour le public étranger. C’est une toute autre approche en termes d’usage. Dans ce cas, le taux d’utilisation de l’appareil va surtout dépendre de la façon dont il est promu au sein de l’établissement et du prix de location. Il existe en effet des seuils de tarifs au-delà desquels les taux d’emprunt commencent à chuter notablement. En général, le prix moyen d’une location d’audioguide tourne autour de l’unité monétaire 5 (euros ou dollars). Pourtant, il a été observé que si l’appareil est loué au prix d’un euro ou dollar, on multiplie le taux de prise habituel par cinq. L’idée est donc de trouver le bon équilibre entre attractivité et rentabilité.

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