Le transmédia au service de la pédagogie ?

Le monde de la formation a connu ces dernières années de nombreuses évolutions. Grâce aux progrès réalisés en matière de technologie, on a par exemple développé l’e-learning, mais aussi le blended learning ou encore le mobile learning. Parallèlement, des méthodes comme le storytelling ont fait leur apparition en pédagogie. Le transmédia, de son côté, commence tout juste à être utilisé à des fin didactiques. Mais peut-il réellement venir enrichir les techniques actuelles d’apprentissage ?
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Qu’est-ce que le transmédia ?

Le transmédia est un concept formalisé par le chercheur et essayiste américain Henry Jenkins en 2003. Il est décrit comme « un processus dans lequel les éléments d’une fiction sont dispersés sur diverses plateformes médiatiques dans le but de créer une expérience de divertissement coordonnée et unifiée. Idéalement, chaque médium apporte sa propre contribution pour le développement de l’histoire ». Ainsi, le transmédia se distingue d’une part du multimédia (qui développe un contenu principal sur des médias complémentaires) et d’autre part de la narration classique par la diversité des contenus et la profondeur narrative de l’univers qu’elle fait naître. Le transmédia, c’est donc ouvrir différentes portes dans le but de découvrir ou de faire découvrir un monde.

Il existe à ce jour une variété d’œuvres transmédia, et dont la trasmédialité est d’ailleurs souvent vecteur de succès. On peut par exemple citer Star Wars (des films, des séries animées, des séries télévisées, des jeux vidéo et RPG, des romans, des BD, une franchise Lego, et des fanfictions), ou Assassin’s Creed (des jeux vidéo, des BD, des romans, un film). Mais le transmédia est un concept mouvant qui s’adapte à de plus en plus à de nouveaux domaines, comme par exemple celui de la formation.

Le transmédia en formation : pour mieux apprendre ?

Le concept d’apprentissage transmédia est relativement récent. Basé sur la narration, rappelons que le transmédia est précédé en pédagogie par ce que l’on appelle le « storytelling », qui consiste à raconter des histoires pour aider les apprenants à comprendre et mémoriser des messages, en stimulant leur intérêt. La narration transmédia, qui se fait au travers de multiples médias (vidéos, sons, jeux « sérieux », blogs, livres etc.) génère, de manière similaire, l’engagement émotionnel des apprenants qui sont impliqués personnellement dans une histoire – car l’idée est aussi de les inviter à y contribuer à leur façon. Et un apprenant plongé dans un système pédagogique qui fait appel à des médias divers est naturellement plus fortement connecté à son expérience d’apprentissage du fait de cette variété de supports qui le stimulent davantage et le maintiennent attentif. Un autre avantage du transmédia réside dans la nécessité pour l’apprenant de faire preuve d’une grande adaptabilité, et même d’une forme d’agilité – un apprentissage extrêmement utile de nos jours puis qu’il s’agit là de compétences clefs dans le monde du travail. Certains auteurs suggèrent enfin que cette approche innovante favoriserait le développement d’une communication efficace, de la collaboration (avec notamment l’émergence de communautés participatives au sein des groupes d’apprentissage) et d’une conscience multi-culturelle.

Ainsi, l’utilité du transmédia en matière de pédagogie semble indéniable. Cependant, il faut souligner les quelques freins auxquels on peut être confronté pour mettre en place ce type de stratégie dans le cadre d’une formation. Le premier frein est d’ordre financier – le transmédia, en effet, sera nécessairement plus couteux. Soulignons également le temps de recherche et de réflexion nécessaire à l’échafaudage d’un parcours transmédia. Des problématiques juridiques liées aux droits d’auteur, enfin, peuvent éventuellement aussi se poser (et d’ailleurs contribuer au coût du projet).<

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