L’écriture inclusive : définition et enjeux

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L'écriture inclusive possède de nombreux enjeux dont l'égalité entre les femmes et les hommes. Découvrons l'histoire de cette écriture originale qui entend réconcilier les accords grammaticaux.
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L'écriture inclusive : Définition et enjeux

Quelle est la définition et quels sont les enjeux de l’écriture inclusive ? Premièrement, l’écriture inclusive désigne l’ensemble des attentions graphiques et syntaxiques qui permettent d’assurer l’égalité entre les femmes et les hommes. En effet, elles se traduisent par le fait de renoncer au masculin générique et à la primauté du masculin sur le féminin. En français, la règle grammaticale est que le masculin l’emporte. C’est ce point que l’écriture inclusive souhaite modifier pour instaurer une communication sans stéréotype de sexe. Enfin, l’écriture inclusive s’appuie sur une conviction : agir par le langage pour changer les mentalités et faire progresser l’égalité.

L'histoire de l'écriture inclusive

Contrairement à ce que l’on croit, le masculin ne l’a pas toujours emporté sur le féminin. En effet, jusqu’au XVIIème siècle, l’usage du féminin était dans les normes pour parler des femmes. Cependant, en 1647, l’un des membres de l’Académie Française préconise que le masculin doit l’emporter en grammaire. Malgré que les femmes demandent que cesse la suprématie de l’usage du masculin, l’Etat tranche en 1882 en faveur du masculin. L’écriture inclusive fait alors renaître le débat et voit émerger de nouvelles règles grammaticales.

En 2008, le Conseil de l’Europe a adopté une recommandation visant « l’élimination du sexisme dans le langage et la promotion d’un langage reflétant le principe d’égalité entre les femmes et les hommes ». Si l’Académie Française pense que c’est un « péril mortel », la langue reflète la société et sa façon de penser le Monde. Ainsi, une écriture qui rend les femmes invisibles est le symbole d’une société où elles jouent un rôle secondaire.

Les 3 règles de l'écriture inclusive

Première règle : Mentionner par ordre alphabétique les termes au féminin et au masculin.
Dans l’écriture inclusive, on précise le genre dans le sujet par ordre alphabétique. Par exemple : « Elles et ils font du football ». L’accord se fait avec le sujet le plus proche du verbe, par exemple : « Les hommes et les femmes sont belles ».

Deuxième règle : Utiliser un point milieu pour marquer le genre des mots. Par exemple, on écrit « Les candidat·e·s participent au tournoi ». Attention, ce point milieu n’est pas disponible sur les claviers. Pour le faire apparaître, il faut taper Alt+0183 sur Windows ou Alt+Maj+F sur Mac.

Troisième règle : Ne pas utiliser les majuscules de prestige à Femme ou Homme. Par exemple, on ne dit plus la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen mais « Déclaration des droits humaines et du·de la citoyen·ne »

Les 10 recommandations du Haut-Conseil :

Le Haut Conseil entre les femmes et les hommes a publié en septembre 2016 un guide pratique. Ce dernier est téléchargeable en ligne. Il propose dix recommandations :

1) Éliminer toutes expressions sexistes
On pense notamment à « chef de famille », « mademoiselle » parce qu’elles renvoient à des rôles sociaux traditionnels.

2) Accorder les noms de métiers, titres, grades et fonctions
Ces noms existent au féminin et ce depuis le Moyen Âge, ainsi il n’y a pas de raison de ne pas les utiliser.

3) User du féminin et du masculin dans les messages adressés à tous et toutes
Le but est que les femmes comme les hommes soient inclus·e·s et s’identifient. Il est aussi possible d’utiliser des mots épicènes tels que « élève », « membre » ou « fonctionnaire ». De plus, on peut utiliser des mots englobants comme « une personne », « un être humain », « le public ».

4) Utiliser l’ordre alphabétique lors d’une énumération
La finalité est de varier afin de ne pas systématiquement mettre le masculin en premier. Par exemple « l’égalité femmes-hommes » ou « les sénatrices et les sénateurs ».

5) Présenter intégralement l’identité des femmes et des hommes
C’est-à-dire les présenter avec leur prénom et leur nom, ainsi que leur métier quand cela est approprié. En effet, les femmes sont plus fréquemment présentées par leur prénom uniquement ou en qualité « d’épouse de » ou de « mère des enfants ». Cette attitude est discriminante contrairement quand les hommes sont présentés par leur qualité, grade ou profession.

6) Ne pas réserver aux femmes les questions sur la vie personnelle
Il est courant de demander aux femmes qui exercent des responsabilités et comment elles parviennent (ou pas) à mener de front carrière et vie de famille. Si cette question est pertinente, il convient de la poser aussi aux hommes.

7) Parler « des femmes » plutôt que de « la femme »
Il est important de dissocier « la Femme » qui correspond à une image stéréotypée et réductrice « les Femmes », qui sont des personnes réelles, aux identités plurielles, et représentatives d’un groupe hétérogène.

8) Diversifier les représentations des femmes et des hommes
La communication publique doit en effet veiller à s’adresser aux femmes et aux hommes de tous âges, toutes origines,
tous milieux professionnels, toutes religions, toutes capacités physiques ou mentales et de tous lieux.

9) Veiller à équilibrer le nombre de femmes et d’hommes Pour cela, compter le nombre de femmes et d’hommes représenté·e·s sur les photos, les infographies, les illustrations, etc. et rééquilibrer si nécessaire.

10) Former les professionnels
Il est nécessaire de former les professionnels acteurs et actrices de la communication publique pour lutter contre les inégalités des sexes.

Si ces règles commencent à devenir une habitude, elles sont néanmoins peu nombreuses en France contrairement à nos pays voisins comme la Suède par exemple qui s’est dotée en 2015 d’un pronom neutre, le « en » qui désigne indifféremment les femmes et les hommes.

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