Les technologies multimédia au musée

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Un des gros enjeux au musée est de faire comprendre au visiteur le contexte géographique et/ou historique. Bien sûr, il est toujours possible d’avoir recours à des frises chronologiques et à des cartes, d’y ajouter des couleurs, des légendes et même des illustrations… Cela peut fonctionner dans certains cas ; mais dès lors qu’il s’agit de montrer l’évolution d’une carte au cours du temps, l’image figée ne suffit pas. Difficile de transmettre au visiteur des informations aussi complexes que des mouvements de population, des extensions de territoire, des évolutions géographiques… Et pourtant ces éléments sont d’ordre capital pour comprendre la suite de l’exposition ! Les technologies multimédia apportent à cette problématique deux solutions satisfaisantes : l’animation de cartes ou encore le vidéo mapping.
Technologies au musée

Les technologies multimédia : les cartes animées

L’une des technologies multimédia est la carte animée. L’animation d’une carte consiste en une vidéo relativement courte montrant l’évolution géographique d’un territoire en alternant plusieurs versions successives. Elle permet au visiteur de comprendre très simplement comment le site, le pays, le continent a évolué. L’animation permet aussi d’intégrer des légendes et des schémas animés : un simple tracé en pointillé circulant d’un pays à un autre permettra d’évoquer naturellement les flux commerciaux, tandis qu’une frontière clignotant en rouge pourra exprimer un état de conflit entre deux nations.

Structurer les contenus

Bien sûr, ce procédé nécessite de faire un tri en amont du projet puisque tout ne pourra pas être dit. Peut-on résumer une guerre mondiale en une vidéo de quelques secondes ? L’objectif n’est pas de faire un cours d’histoire politique au spectateur, mais de lui transmettre l’essentiel des informations pour lui faciliter le reste de la visite. Cette problématique était celle du musée de la Romanité (Nîmes) : comment expliquer de façon fluide et narrative la progression de l’Empire romain sur près de cinq siècles et son impact sur la région ? Tout en incluant des éléments sur le commerce maritime, les échanges entre les provinces, un découpage chronologique ? Afin de raconter l’histoire de la ville et de sa région, les équipes de conception ont choisi d’installer plusieurs cartes animées dans le parcours. Les cartes permettent ainsi de séparer le propos en plusieurs époques historiques : pré-romaine, romaine et médiévale. La carte animée joue ici un rôle de médiation culturelle, mais aussi de structuration du parcours de visite. Au début de chaque séquence, la carte animée distille quelques éléments clefs de compréhension qui sont nécessaires pour la compréhension de la suite.

Les technologies multimédia : les vidéos mapping

Cette seconde technique, apparue dans les années 1970, est particulièrement connue pour ses occurrences monumentales comme sur la façade de la cathédrale de Chartres. Elle consiste à projeter des formes lumineuses sur une surface en relief, créant l’illusion que la façade et ses sculptures s’animent en temps réel.

À plus petite échelle, le vidéo mapping est tout indiqué pour raconter l’histoire de sites, villes ou régions. Ces zones géographiques peu étendues sont facilement traductibles en maquettes en trois dimensions, dans un matériau de préférence homogène et de couleur mate. Ce support va servir de toile de fond pour une projection vidéo, calculée au millimètre près afin d’épouser tous les accidents géologiques. La surface en relief est reproduite en trois dimensions dans un logiciel spécial qui sait exactement comment orienter la lumière sur chaque élément pour le faire ressortir. Grâce à la projection, la maquette semble prendre vie et résumer des siècles d’histoire en accéléré sous les yeux du visiteur.

Un exemple de vidéo mapping archéologique

Le musée archéologique de Bibracte (Bourgogne) retrace l’histoire du Mont Beuvray, site occupé par des populations celtiques dès le II° siècle avant J.-C. Au début de l’exposition permanente, un vidéo mapping rappelle ce contexte historique et topographique. Le dispositif est placé dans une petite pièce sombre équipée de bancs pour que les visiteurs soient confortablement installés pendant la dizaine de minutes que dure la vidéo. Celle-ci est projetée sur une maquette blanche reproduisant la géologie du mont Beuvray, ses collines, ses sources, ses forêts. Le vidéo mapping raconte tour à tour l’arrivée des Gaulois et leur installation en villages, puis la transformation en colonie romaine, l’extension de la ville et son développement architectural. Dans une dernière séquence, l’animation illustre la progression des fouilles archéologiques, les grandes découvertes et leur impact sur la recherche, ainsi que la construction du musée lui-même. L’expérience s’achève ainsi en rappelant au visiteur qu’il se trouve lui-même sur le site historique, et invite à aller explorer le chantier archéologique situé à l’extérieur du musée.

Géographie et storytelling : une histoire qui fonctionne

Donner vie à une carte ou à une maquette grâce à l’animation ou à la projection vidéo est une solution simple et fluide pour illustrer les évolutions d’un territoire. Mais pour en explorer toutes les capacités, ne vous limitez pas à animer seulement des points, des flèches, et des zones de couleurs ! Ces techniques ont un réel potentiel narratif. Elles peuvent inclure l’affichage de photographies d’époque, des dessins, des séquences vidéo et bien d’autres choses encore. Pourquoi ne pas aussi ajouter un fond sonore (musiques, bruits d’ambiance) et une voix narrative pour accompagner la séquence ? La médiation numérique donne à l’histoire et à la géographie un potentiel narratif très intéressant, enjeu majeur pour contextualiser le temps et l’espace dans les expositions.

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