Musées, multimédia, transmédia : de nouvelles pratiques culturelles

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A l’ère du développement des nouvelles technologies, trouver des dispositifs numériques dans un musée est loin d’être une surprise. Au contraire, nous avons tellement l’habitude de ces outils dans notre quotidien qu’ils nous sont devenus familiers : à la vue d’une table tactile, la plupart des visiteurs n’ont pas de difficulté à comprendre qu’il faut toucher l’écran, faire glisser des éléments, entrer du texte, double cliquer, etc. Tous ces nouveaux usages ont un impact sur notre façon de visiter un musée...
Musées, multimédia, transmédia : de nouvelles pratiques culturelles

La révolution du multimédia

Pour comprendre l’impact du numérique sur la visite en musée, il faut partir du terme « multimédia ». Comme son nom l’indique – littéralement « plusieurs médias » – ce procédé consiste à intégrer sur le même support technique des informations de différents types : texte, vidéo, image, son… Par exemple, un écran proposant un dessin animé est un support multimédia, s’il diffuse à la fois de la vidéo et du son. Il s’agit là d’une petite révolution dans le cadre de la médiation.  Avant l’apparition des technologies numériques au musée, les supports de médiation devaient se contenter du texte et de l’image fixe.

Les technologies transmédia

En parallèle, le transmédia est une technique qui consiste à associer plusieurs supports d’information différents autour d’un même contenu. Elle est particulièrement utilisée dans le domaine du marketing : une même publicité peut être relayée par un spot TV, une annonce radio et des encarts sur le web. Dans le cadre du musée, on peut utiliser une multitude de médias enrichissants, chacun à leur manière, un même thème ou un même discours. Cette technique est toute désignée lorsqu’il s’agit de raconter une histoire tout au long du parcours de visite. Le storytelling repose alors sur une variété de supports et de médias différents : une vidéo sur écran géant accompagnée d’une projection de lumières de couleur, une ambiance sonore associée à un diffuseur de parfum… Ces installations spectaculaires suscitent l’engagement du visiteur jusqu’à la fin de l’histoire – et donc jusqu’à la fin du parcours de visite.

Multimédia et transmédia, de nouveaux usages au musée

Le multimédia et le transmédia ont donc relativement changé la manière de concevoir la médiation. Et, ces techniques ont aussi changé les usages du visiteur. En effet, alterner entre écran tactile et espace vidéo, naviguer entre le son, l’image, le texte, les effets de lumière… permet d’enrichir le parcours, d’animer la visite et de casser la monotonie.

Par ailleurs, l’intégration de ces techniques de narration a un impact positif sur la fréquentation des musées. Cette institution patrimoniale peine en effet à se démarquer d’une réputation poussiéreuse, en particulier auprès des jeunes publics et des adolescents. Or, le fait de retrouver au musée des technologies numériques récentes est sans conteste un bon argument pour attirer ces publics. Le « rajeunissement » des musées est ainsi un message adressé aux jeunes visiteurs : leur rappeler que ce patrimoine s’adresse à toutes les générations. N’est-ce pas là un rôle essentiel des musées ?

Le numérique au musée, véritable innovation ?

Aussi, les initiatives culturelles sont de plus en plus orientées vers la médiation numérique. Les musées s’approprient de nouveaux outils numériques, comme la réalité virtuelle et la réalité augmentée. Il ne fait pas de doute que cela impacte positivement les publics, notamment ceux à la recherche de nouvelles expériences culturelles. 

Toutefois, il faut rester prudent : la présence du numérique au musée n’est pas fondée uniquement sur l’argument de l’innovation technologique. Le musée est un lieu de conservation et de transmission du patrimoine, et non un terrain d’expérimentation de la technologie. De plus, il faut garder en tête que l’innovation technologique ne franchit les portes du musée qu’après avoir fait ses preuves dans d’autres domaines. Si l’on garde l’exemple de la réalité virtuelle, cette technique apparue dans les années 1970 a d’abord enrichi le monde du divertissement et du jeu vidéo. Elle ne commence à intéresser les musées que depuis quelques années, alors que des casques VR sont déjà commercialisés auprès des particuliers !

Pour un effet « waouh »

Les jeunes visiteurs ne vont donc pas au musée pour découvrir une « nouvelle » technologie grâce à la médiation numérique. L’enjeu d’une telle médiation est au contraire de renouveler l’expérience du visiteur en détournant l’usage de ces technologies pour servir le discours du musée. En somme, les visiteurs ne sont pas dupes : ce n’est pas le matériel informatique ou la technologie dernier cri qui va provoquer l’effet « waouh ». Mais c’est l’invention de nouvelles formes de pédagogie à l’ère du numérique.

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