L’impact de la vidéo en apprentissage

À l’ère du numérique, l’usage de la vidéo dans un contexte d’apprentissage (qu’il s’agisse de l’école, de l’enseignement supérieur, ou encore de la formation continue en présentiel ou en distanciel) est quasi-omniprésent. Pour l’enseignant ou le formateur, il s’agit d’un outil très pratique dans la mesure où il lui offre une grande flexibilité et lui permet de faire travailler sa classe en autonomie. Mais qu’en est-il de l’impact de la vidéo sur l’apprentissage ? La vidéo permet-elle de mieux apprendre, d’apprendre plus ou plus vite ? Existe-t-il des limites aux bienfaits de la vidéo ?
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L’impact des stimuli visuels interactifs sur le cerveau

Plusieurs études dans le domaine des neurosciences ont montré que nous régissons davantage aux stimuli interactifs et visuels qu’à un simple texte. Notre cerveau, en effet, peut « traiter » une image nettement plus vite qu’un texte. Une étude du MIT (le Massachusetts Institute of Technology, aux États-Unis) a démontré que 13 millisecondes seulement lui suffisent pour traiter des images entières. Ce traitement extrêmement rapide permet alors de diriger le regard, qui se déplace environ 3 fois par seconde, vers sa prochaine cible. Ainsi, l’utilisation de la vidéo dans un contexte pédagogique favoriserait une réaction plus immédiate et plus performante du cerveau.

La vidéo capte l’attention et aide à la mémorisation

Un des atouts majeurs de la vidéo est qu’elle capte durablement l’attention des spectateurs (à condition, bien sûr, qu’elle soit bien conçue).

Outre le fait que le cerveau, de manière générale, traite mieux l’image, la vidéo fait appel à plusieurs sens et suscite des émotions grâce au storytelling ou à l’humour, par exemple. Sollicités ensemble, nos sens favorisent la concentration sur la durée. Quant aux émotions, elles ont aussi un rôle primordial de par leur impact significatif sur nos fonctions cognitives. L’attention, ainsi, suit une sorte de courbe et diminue très vite s’il n’y a pas de rebondissements et d’émotions. Et plus l’expérience émotionnelle est intense, plus elle retient l’attention. À noter que l’association de l’image et du son, de même que la stimulation des émotions, sont aussi de puissants leviers de mémorisation.

On peut également souligner, enfin, que la vitesse de succession des images qui caractérise les vidéos dynamise le contenu, et cela peut avoir un effet sur l’attention, puisque l’œil est attiré par le mouvement.

La vidéo peut faciliter la compréhension de certaines notions

Pour faciliter la compréhension de certains contenus, l’usage de la vidéo peut être un véritable atout. C’est notamment le cas lorsqu’on veut aider les apprenants à construire mentalement la succession d’étapes d’un processus. La nature dynamique des vidéos, en effet, s’adapte parfaitement à l’apprentissage des notions qui comprennent une dimension temporelle. Celles-ci constituent également un moyen efficace de se rapprocher d’une situation réelle, par exemple en montrant la gestuelle d’une personne ou en documentant une activité. Notons par ailleurs que la vidéo, qui se veut nécessairement courte en formation, se caractérise généralement par une simplification des idées complexes qu’elle transmet, ce qui a aussi pour conséquence d’en faciliter la compréhension. Enfin, ce format permet un visionnage au rythme de chacun et si nécessaire à plusieurs reprises, pour reprendre point par point les éléments qui n’ont pas été compris d’emblée.

Les conditions du succès de la vidéo comme outil d’apprentissage

Ces impacts positifs de la vidéo sur l’apprentissage ne peuvent être observés que si celle-ci répond à un certain nombre de critères. Le premier principe fondamental, nous l’avons évoqué, consiste à proposer aux apprenants des vidéos courtes : maximum une dizaine de minutes pour un adulte. Il convient par ailleurs de ne pas y délivrer un nombre trop conséquent d’informations, étant donné le caractère extrêmement transitoire des images et des explications sonores. Ces informations doivent être segmentées de façon à faciliter leur hiérarchisation mentale et à faire explicitement ressortir l’essentiel. Pour faciliter la mémorisation du contenu enseigné, il peut être utile de proposer des ressorts permettant de faire travailler la mémoire immédiate et de prévenir toute passivité chez les participants, par exemple des questions à la fin de la vidéo qui leur permettent de récapituler ce qu’ils ont appris.

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