L’apport des neurosciences en formation

Le terme « neurosciences » désigne les études scientifiques portant sur le système nerveux, un réseau complexe responsable de la coordination des actions avec l'environnement extérieur et de la communication rapide entre les différentes zones du corps. Les neurosciences constituent ainsi une aide précieuse pour comprendre le fonctionnement de notre cerveau, notamment en contexte d’apprentissage. Et dans un monde en perpétuelle évolution où la formation a un rôle de plus en plus important, le décryptage du cerveau à la lumière des neurosciences nous permet de modifier en profondeur notre façon de transmettre les savoirs. Voici quelques exemples des progrès réalisés en formation grâce à ce champ disciplinaire.
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Déconstruire les fausses croyances sur le fonctionnement du cerveau

Un certain nombre de fausses croyances, (parfois appelées « neuromythes »), qui résultaient d’une connaissance encore superficielle du fonctionnement du cerveau, ont longtemps desservi la pédagogie. Aujourd’hui, les neurosciences offrent un éclairage plus précis sur les processus d’attention et de mémorisation, notamment, ce qui permet de déconstruire ces idées reçues et de modifier notre approche de la formation.

Ainsi, on sait désormais grâce à l’imagerie cérébrale qu’il vaut mieux effectuer une tâche après l’autre (et donc, en formation, procéder par séquences courtes et découper les activités) que tout aborder dans un même temps. Le multitasking n’est bon ni pour l’attention, ni pour la mémorisation. Un autre mythe consiste à considérer que chaque individu a un style d’apprentissage privilégié. En réalité, les neurosciences montrent que nous avons plutôt des préférences que des modes de fonctionnement différents. L’idéal, en formation, est d’offrir des canaux d’apprentissage multiples, en alternant des moments kinesthésiques, des moments auditifs et des moments visuels, et en variant les modalités pédagogiques.

Mieux capter et conserver l’attention des apprenants

Un des défis majeurs en formation est de parvenir à mobiliser durablement et efficacement l’attention des apprenants, et donc de favoriser leur apprentissage. Or les recherches en neurosciences ont montré que le cerveau n’est capable de se concentrer pleinement que sur une très courte durée – 15 minutes en moyenne pour un adulte – et que cette concentration est très énergivore. En partant de ce constat, il est primordial, comme nous l’avons vu, de concevoir des modèles pédagogiques faits de séquences courtes, qui alternent théorie et pratique. L’insertion de pauses régulières durant lesquelles le cerveau peut se reposer est également préconisée, tout comme le contentement de besoins physiologiques essentiels au bon fonctionnement des neurones (boire de l’eau, s’alimenter régulièrement, aérer la pièce…). 

Par ailleurs, capter l’attention passe par la stimulation des sens et des émotions. Toute information, en effet, est saisie en premier lieu par nos sens, qui la transmettent ensuite via des influx nerveux jusqu’au cerveau. Sollicités de manière habile, nos sens favorisent donc la concentration sur la durée. Et pour éviter le décrochage, les émotions positives ont aussi un rôle primordial de par leur impact significatif sur nos fonctions cognitives. Il existe de multiples façons de susciter ce type d’émotion : recours à l’humour, storytelling, gamification (qui plonge l’apprenant dans des situations prenantes) …

Favoriser la motivation et l’engagement

Les neurosciences ont démontré que les activités d’apprentissage qui augmentent la dopamine, un neurotransmetteur clé du cerveau, favorisaient l’attention et l’ancrage mémoriel. Des travaux très récents avancent même que la dopamine serait directement à l’origine de l’apprentissage. C’est pourquoi il est primordial, en formation, d’activer autant que possible le circuit de la récompense et du plaisir. Cela passe notamment par la gamification, c’est-à-dire l’utilisation du jeu, très courante dans la formation digitale : quand l’apprenant joue, il gagne des points ou des médailles, il monte dans le classement… En somme, il reçoit un feedback positif et éprouve de la satisfaction qui le pousse à rejouer et donc à apprendre davantage. 

En outre, il est important de faire régner dans le groupe une atmosphère positive et sereine en évitant autant que possible le stress et les émotions négatives qui peuvent bloquer l’apprentissage. Ainsi, l’erreur doit être présentée comme une banale manifestation du processus d’instruction et ne doit en aucun cas être stigmatisée. Idéalement, l’apprenant est en compétition avec lui-même plutôt qu’avec les autres. 

Enfin, il peut être très bénéfique pour la motivation générale de créer des effets de surprise qui, en suscitant de l’émotion, ont pour effet de démultiplier l’impact de l’information délivrée.

Optimiser l’ancrage mémoriel

L’ancrage mémoriel regroupe les techniques qui permettent au cerveau de mieux retenir l’information. Les études menées sur les processus de mémorisation ont permis de comprendre ce dont nous avons besoin pour apprendre durablement. En premier lieu, il est préférable d’espacer l’apprentissage dans le temps. En formation, mieux vaut donc proposer, encore une fois, des sessions courtes, avec une quantité d’informations réduite à l’essentiel (attention au biais cognitif de la « malédiction de la connaissance » !).

Ces sessions, idéalement, sont ponctuées de moments de repos où les acquis peuvent être organisés et consolidés dans le cerveau. La reformulation est également un outil efficace pour favoriser la mémorisation : le fait de verbaliser notre apprentissage oblige à se replonger dedans, à l’organiser, le synthétiser et le restituer de manière intelligible. Enfin, l’émotion est tout aussi importante pour la mémorisation que pour l’attention. Il est donc très utile de faire appel à l’humour ou au storytelling notamment, qui permettent de multiplier les indices mémoriels. 

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