Réalité virtuelle, augmentée, substituée : L’expérience immersive au service de la médiation

Partager sur linkedin
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Les établissements culturels s’intéressent depuis quelques années aux technologies de réalité mixte (virtuelle, augmentée, substituée). Elles ont pour intérêt principal de répondre à une attente des publics : voir ce qui n’est pas (ou plus) visible. Un tableau perdu, un donjon détruit, une époque historique révolue… Ces nouvelles technologies immersives s’intègrent de différentes manières dans les parcours de visite.
réalité virtuelle musée

La réalité virtuelle

La réalité virtuelle a d’abord fait ses preuves dans le domaine du divertissement et du jeu vidéo. Elle consiste à envoyer des stimuli visuels et sonores au moyen d’un casque immersif, de sorte que l’utilisateur se trouve plongé dans un monde complètement différent du sien. L’industrie du jeu vidéo s’est facilement approprié cette technologie très appréciée du grand public. Décors, architectures, objets, personnages, tout peut être reproduit en trois dimensions pour créer un univers hyper réaliste. Le joueur interagit avec les éléments virtuels le plus souvent avec une manette ou une télécommande qui complètent l’équipement.

Immersion virtuelle et contemplation

Du côté des établissements culturels, la réalité virtuelle est utilisée pour reconstituer des architectures ou des œuvres disparues, inaccessibles, distantes ou encore imaginaires. L’utilisateur quitte un instant le parcours de visite pour se retrouver dans un espace complètement différent à explorer et à contempler. Immobile sur un point fixe, il observe la reconstitution qui se déploie tout autour de lui. L’immersion est très appréciée des sites et musées d’histoire car elle rend accessibles pour un instant ces lieux disparus ou inaccessibles, comme des sites archéologiques avant leur destruction, des architectures effondrées et virtuellement rebâties. Cette technologie permet également de donner vie à des hypothèses scientifiques : si l’on ne sait pas exactement à quoi ressemblait la vie quotidienne à Pompéi, on peut toutefois en proposer une vision numérique validée par des spécialistes. Pour les visiteurs, cela rend un peu plus concret le travail de ces chercheurs.

Immersion et interactivité

Même si les expériences de réalité virtuelle en établissements culturels sont le plus souvent contemplatives, il existe des cas dans lesquels l’interactivité est une option pertinente. Pour se déplacer par exemple : en actionnant un pointeur ou en sélectionnant des points d’intérêt, l’utilisateur change de position dans la reconstitution virtuelle. Il profite ainsi de plusieurs points de vue sur un même sujet, utile dans le cadre d’architectures complexes. Par ailleurs, les gestes réalisables dans la réalité virtuelle sont de plus en plus variés. Les manettes sont conçues pour être aussi intuitives que possible : par un simple mouvement de doigts, l’utilisateur peut saisir un objet, le lâcher, prendre une photo, actionner un levier, tirer à l’arc, etc. On peut dès lors imaginer toutes sortes de scénarios interactifs mettant en scène le visiteur dans une aventure virtuelle.

La réalité augmentée

Contrairement à la réalité virtuelle, la réalité augmentée n’efface pas complètement le monde réel. L’utilisateur est équipé d’un casque immersif ou d’une tablette qui lui permettent encore de voir ce qui l’entoure. Mais il voit aussi des éléments complètement virtuels qui viennent interagir avec l’environnement réel, comme dans le fameux jeu « Pokémon Go! ». Les applications de réalité augmentée, appliquées aux établissements culturels, permettent par exemple de voir des habitants de Pompéi marcher naturellement dans le site en ruines que l’on est en train de visiter.

La réalité substituée

Cette dernière technique s’appuie sur une tablette mobile et consiste à superposer, par-dessus une perspective réelle, une reconstitution virtuelle. Si l’on reprend l’exemple de Pompéi, il s’agirait pour le visiteur de pointer la tablette en direction d’une habitation en ruines. Grâce à un système de boussole, le logiciel reconnaît l’emplacement de la tablette et son angle d’orientation. L’écran affiche alors une image reconstituée de l’habitation intacte, colorée et habitée telle qu’elle aurait pu être au début du 1er siècle. Le visiteur peut ainsi d’un seul coup d’œil comparer la réalité actuelle avec la reconstitution d’époque.

Technologies de réalités immersives : le choix du matériel

Chacune de ces techniques nécessite un équipement de l’établissement en matériel. La réalité virtuelle peut difficilement se passer d’un casque à immersion totale, visuelle et sonore. La réalité augmentée peut se faire soit avec un casque, soit via une tablette avec écran tactile. Enfin, la tablette est le support le plus adapté pour la réalité substituée, de manière à pouvoir alterner le regard en réalité et reconstitution. Le choix du matériel dépend aussi de l’expérience utilisateur. S’agit-il d’une consultation courte sur un point fixe ? Il faut prévoir assez de casques pouvant fonctionner pour plusieurs visiteurs simultanés. Est-ce que le visiteur doit pouvoir emporter le casque ou la tablette à différents points du parcours ? Préférer un matériel assez léger, solide et maniable même par des mains enfantines. Les visiteurs seront-ils amenés à utiliser une manette ? Mieux vaut prévoir une dragonne de sécurité pour éviter de les faire tomber.

Immersion et médiations culturelles

Ces technologies de réalité mixte sont très appréciées des établissements culturels liés à l’histoire comme les musées d’époques, châteaux ou sites archéologiques. L’immersion est en effet un procédé spectaculaire qui permet de rendre très concrètes des époques disparus et des hypothèses historiques. Mais elle peut aussi avoir un autre rôle, par exemple dans un musée des Beaux-Arts : créer une respiration dans le parcours, en immergeant le visiteur dans une reconstitution poétique de tableaux. Effets visuels, musique d’ambiance, voix narrative commentant le style du peintre… Ces procédés offrent une large palette d’expériences servant le discours de médiation : à vous d’imaginer la vôtre !

Ces articles pourraient vous intéresser