Les écueils à éviter dans la création d’un dispositif de médiation numérique

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Lors de la conception d’un dispositif de médiation numérique, il faut veiller à ne pas commettre les erreurs qui risqueraient de faire passer les publics à côté de l’expérience. Voici les cinq principaux écueils à éviter à tout prix !
erreurs médiation culturelle

Une expérience trop longue

Pour un outil de médiation numérique fixe, la durée moyenne de consultation ne dépasse pas une demi-douzaine de minutes. Cette durée peut s’expliquer par de nombreux facteurs, et ne dépend pas forcément de la qualité de l’expérience numérique en elle-même ! Mais le visiteur peut se trouver fatigué, lassé de manipuler un écran. Il peut laisser sa place à de nouveaux utilisateurs attendant leur tour. Ou encore abandonner le dispositif pour rejoindre ses compagnons de visite. Difficile donc de prédire le temps d’attention que le visiteur y accordera ! En revanche, on sait qu’il est désagréable de se lancer dans une activité trop longue, qui nous engage contre notre gré. Pour anticiper ce problème, veillez à ne jamais dépasser environ 6 minutes de consultation. De plus, il peut être pertinent d’annoncer la durée totale au début de la consultation, directement sur l’écran ou bien à proximité de la borne. De cette manière, l’utilisateur ne sera pas surpris par la longueur.

L’omniprésence du texte

A bien des égards, le numérique est le média de l’image et du son. Il est bien sûr courant d’utiliser du texte sur des supports numériques, mais il faut garder à l’esprit que lire sur un écran n’est pas naturel. Exception faite des tablettes de lecture et autres liseuses, qui sont conçues spécifiquement pour cet usage, la plupart des écrans ne doivent pas être considérés comme des supports de lecture. D’une part, la consultation de ces dispositifs se fait debout, une posture inconfortable si elle est maintenue par une lecture trop longue. D’autre part, la luminosité de l’écran n’est pas appropriée à cet exercice et peut causer des maux de tête. Pourtant, on remarque que beaucoup de dispositifs numériques (tablettes ou bornes interactives) proposent de longs textes comme supports de médiation. Il s’agit souvent des mêmes textes qui étaient autrefois affichés dans les salles, avant l’arrivée du matériel numérique.

Cela reflète un écueil plus large : celui de considérer le numérique comme un média « fourre-tout » dans lequel on peut intégrer tous les anciens documents de médiation (notamment les long textes explicatifs) sans limite d’espace. Pourtant le visiteur n’ira pas spontanément lire la totalité de la documentation intégrée dans une borne tactile : cela lui prendrait plusieurs heures et n’aurait pas un grand intérêt. Au contraire, le numérique est une expérience de consultation à part entière, qui nécessite un travail sur les contenus à intégrer et sur la façon de les présenter.

L’effet « catalogue »

De la même manière, l’effet « catalogue » découle aussi de la tendance des musées à utiliser la médiation numérique comme une base de données en libre accès. On voit alors apparaître des bornes de consultation de centaines d’images, de vidéos… et de longs textes. Les visiteurs sont supposés « feuilleter » le multimédia et parcourir l’ensemble de ses contenus. La réflexion derrière ce type d’outils numériques est de fournir à l’utilisateur tous les documents dont il pourrait avoir besoin, sans faire de sélection préalable. Les dispositifs sont alors interminables et sans enjeu.

Pour éviter de créer un effet catalogue, il est préférable de faire une sélection des documents présentés. Choisissez-en par exemple une dizaine (images, vidéos, archives numérisées), mais faites en sorte de les mettre en valeur avec des effets graphiques, avec des informations complémentaires, avec une anecdote racontée pour chaque document, etc. Cela permettra à vos visiteurs d’éviter la frustration de « ne pas avoir le temps de tout voir ». De plus, ils pourront passer plus de temps sur chaque élément et ainsi mieux intégrer la portée pédagogique.

Une consultation en roue libre

On peut penser à tort que les visiteurs sauront spontanément comment consulter cet écran interactif, comment utiliser cette tablette, comment déclencher ce mécanisme… En réalité, une majorité de profils de visiteurs sont timides face à un support multimédia qu’ils ne connaissent pas. Pour faciliter leur approche de l’outil, les consignes doivent être parfaitement compréhensibles par tous les profils de visiteurs. Il n’est pas inutile de préciser notamment le titre d’un multimédia en grosses lettres à proximité. « Dans la peau d’un archéologue » : le titre indique immédiatement le thème de l’activité et ce qui est attendu du visiteur.  

Par ailleurs, l’utilisateur doit être constamment accompagné par des consignes précises, notamment au début de l’expérience. « Retrouvez l’artefact enseveli ». L’objectif principal est annoncé. Pour l’atteindre, le joueur devra suivre de nouvelles consignes : « Remuez le sable pour dégager les ruines », « Choisissez le bon outil pour nettoyer l’artefact », etc. Chaque étape de l’activité est encadrée, de manière que l’utilisateur soit autonome sur le multimédia sans être livré à lui-même.

Une interface négligée

Indispensable à la qualité de consultation, l’interface doit être limpide et facilement compréhensible par tous. C’est le rôle des études d’User EXperience (UX), menées en amont de chaque projet. L’UX consiste à analyser les comportements potentiels des utilisateurs sur le multimédia, et de faciliter le plus possible ces comportements afin de rendre l’expérience fluide et satisfaisante. L’interface est au cœur de cette réflexion. Elle doit être accessible à tous les profils de visiteurs et garantir une expérience esthétique grâce à son design. L’emplacement et la forme des boutons ne doivent pas être laissés au hasard. Enfin, apportez une grande importance aux choix graphiques utilisés, que ce soit pour illustrer un jeu, un fond d’écran, une animation vidéo : le style doit être le plus possible en accord avec le thème du multimédia. Par exemple, un graphisme fait de petites touches de couleur sera idéal pour une borne interactive abordant les peintres impressionnistes.

En évitant ces principaux écueils, vous assurez une expérience de consultation fluide et agréable, à même d’engager le visiteur !

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