La psychologie positive : Qu’est-ce que c’est ?

Le concept de psychologie nous évoque généralement nos vulnérabilités, voire nos maladies mentales – celles qui nous poussent à consulter. Mais ce champ d’études ne se limite pas uniquement aux difficultés psychiques que rencontrent les êtres humains et à leur résolution. La psychologie positive, comme son nom l’indique, vise justement à étudier notre potentiel et nos ressources.
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Définition et origines

La psychologie positive (qui ne doit pas être confondue avec le mouvement pseudo-scientifique de la pensée positive) est une science de l’esprit et du comportement qui étudie les personnes épanouies, résilientes et en bonne santé mentale plutôt que celles souffrant de psychopathologies, comme c’est le cas de la psychologie clinique. En s’intéressant aux conditions et processus du fonctionnement optimal et de l’épanouissement des êtres humains, elle a pour objectif principal de trouver des moyens de développer ces qualités chez tous types d’individus.

Fondée officiellement en 1998 par Martin Seligman, chercheur en psychologie et professeur à l’Université de Pennsylvanie, on trouve dans cette approche des similarités avec les conceptions aristotéliciennes d’une nature humaine bonne et fondée sur les vertus. Elle emprunte également à la psychologie humaniste, née dans les années 1940 aux États-Unis.

Méthode

La psychologie positive se base au maximum sur les méthodes scientifiques, c’est-à-dire sur des données mesurées objectivement puis publiées. Les sujets sont considérés au niveau individuel, mais aussi en tant qu’êtres en relation avec les autres, dans un contexte social. Contrairement à la psychologie clinique dont les échelles de mesure ont été conçues pour évaluer les souffrances et les difficultés des êtres humains, la psychologie positive utilise des échelles centrées sur leur bon fonctionnement psychique. Les thèmes de recherche sont nombreux : sens donné à la vie, relation saines et équilibrées, émotions positives, gratitude, force de caractère, intelligence émotionnelle, motivation, satisfaction, résilience…

Approche

La psychologie positive offre une alternative aux courants plus classiques dans les démarches de psychologie de la santé, et peut être un facteur de succès dans des domaines très divers. Cette approche préconise de modifier des croyances et pensées ancrées en nous pour initier d’autres comportements grâce à l’utilisation d’outils et de stratégies élaborés sur base scientifique d’expérimentations. Les recherches menées dans ce domaine ont par ailleurs mis en évidence l’existence de facteurs contribuant intrinsèquement au bien-être psychologique, et vers lesquels on cherchera donc à tendre. L’un des plus importants est le soutien social : les individus qui jouissent de relations sociales solides et positives tendent à être davantage heureuses et en meilleure santé mentale que ceux qui sont socialement isolés. L’autonomie, la gratitude et l’optimisme font également partie des traits de caractère à cultiver.

Les limites de la psychologie positive

Si le discours de la psychologie positive fait de plus en plus d’adeptes, certains chercheurs et auteurs, plus critiques, remettent en cause ses fondements. Tout d’abord, on reproche à cette discipline la fragilité de ses fondations et son manque de rigueur scientifique. Basée sur une dichotomie très manichéenne du « postif / négatif » elle élude par ailleurs toutes les expériences négatives qui font pourtant bien partie de la vie, dans une sorte de tyrannie irréaliste du positif, proche de l’idéologie. On reproche par ailleurs à cette discipline de reposer sur un socle empirique et conceptuel très occidental, et plus spécifiquement nord-américain. Cette vision du bonheur ne correspond donc pas forcément à celle des autres cultures.

En outre, l’idée que le bonheur s’apprend et se construit est sujet à controverse. Les circonstances de la vie, en effet, ont parfois un impact plus important sur notre santé mentale que nos activités intentionnelles : la pauvreté, la maladie ou encore l’échec n’émanent pas de notre seule responsabilité. Ainsi, la psychologie positive peut, chez certains d’entre nous, être à l’origine d’attentes impossibles à atteindre, et générer angoisse et culpabilité chez ceux qui, sujets à des sentiments douloureux, se sentiront anormaux car incapables d’être les propres créateurs de leur bonheur.

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